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Archives de Tag: littérature américaine

Corps et Âme

Suggestion de lecture alors que le beau temps revient et qu’il est si agréable de s’allonger à l’ombre avec un bon roman : prenez dans les mains Corps et Âme de Franck Conroy (folio poche), et vous ne le lâcherez plus!

Ce roman accompagne le parcours artistique d’un pianiste Claude Rawlings, hanté par le mystère de ses origines paternelles mais touché par la baguette magique de la chance continuelle, celle dont on profite si on sait la reconnaître et si on se donne les moyens de la faire fructifier. En effet, les rencontres successives de différents mentors en musique, en culture, en amitié et en amour lui permettront de progresser jusqu’à devenir un interprète surdoué et un compositeur renouvelant les cadres habituels de la musique contemporaine de son époque. On parcourt New York avec lui, puis on s’éloigne un peu, et de plus en plus jusqu’à Londres où il rejoint le London Symphonic Orchestra (Londres reste aujourd’hui un haut lieu d’accès à la musique… pour tous – petite parenthèse). On travaille avec lui les gammes, les études, les exercices techniques, les déchiffrages, tout ce qui rend l’apprentissage peu amusant parce qu’il ne privéligie par les morceaux, mais la capacité à pouvoir tout jouer… c’était l’enfer pour moi de passer des heures sur les partitions de Hanon et Czerny… Les professeurs de piano n’ont que rarement l’art et la manière de présenter l’intérêt de ces exercices qu’on réalise le plus souvent en se raidissant, surtout si l’on doit mettre un jeton sur les mains qui ne doit surtout pas tomber… J’ai revécu de grands moments avec ce roman… La comparaison s’arrête là, puisque Claude travaille le piano contrairement à moi avec une extrême rigueur et ténacité et surtout du grand talent!… Il entend les notes et l’âme des notes. Il vit sa musique, il vit les auteurs, il vit les oeuvres, les autres musiciens qui l’accompagnent ou jouent AVEC lui. Il ne s’intéresse même pas à Chopin comme tous les jeunes pianistes qui découvrent l’interprétation, il visite tous les répertoires -j’attendais le bien-aimé Chopin, en vain, mais j’ai découvert en contrepartie d’autres auteurs qu’un  jeune peut aussi jouer avec toute la générosite possible.

Il manque juste la bande-son quand on lit mais l’impulsion est là pour redécouvrir Bartok que je n’ai jamais compris, et bien d’autres, et le jazz aussi. Je suis sûre qu’on pourrait en faire un film magnifique, un mélange de Shine de Scott Hicks pour l’enchantement musical et de l’Oeuvre de Dieu la Part du Diable pour la saga romancée filmée (film de Lasse Hallström tiré du chef d’oeuvre de mon auteur fétiche John Irving)…

L’histoire commence dans les années quarante, et nous laisse en haleine pendant plus de vingt ans, au gré des chances, des rencontres et des tourments d’un pianiste inoubliable. Un roman à lire corps et âme.

Un des grands moments du roman et un tournant dans la vie de Claude Rawlings, le festival lors duquel il joua le Concerto pour deux pianos de Mozart avec un de ses maîtres. Une belle découverte.

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Publié par le 25 avril 2011 dans Uncategorized

 

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